Résumé : Cet article Article de Kamel Ben Rhouma résume brièvement mais avec précision les dimensions sociales, politiques, économiques et journalistiques de l’Open Data. Il présente quelques avantages pour stimuler l’Open Data en Tunisie. Enfin, il donne des exemples provenant du monde entier et des définitions des termes clés du domaine. (by @YassinSansE)

Pilier fondamental du gouvernement 2.0, l’Open data s’inscrit dans une logique de transparence par la mise à disposition de tous, sous une forme exploitable les données publiques non-nominatives et non-sensibles dans des formats ouverts, sans contrainte ni restriction.
L’Open data est très en vogue, plusieurs pays et villes à travers le monde ont adopté ce concept, quelles sont les avantages d’une telle démarche ?
Les défenseurs de l’Open data sont nombreux, Tim Berners Lee, inventeur du Web et père fondateur de data.gov.uk a lancé un appel en 2009 pour “des données brutes, maintenant”.
Pour Bernard Stiegler philosophe et directeur de l’Institut de recherche et d’innovation(IRI, Centre Pompidou): l’Open data est « un événement d’une ampleur comparable à l’apparition de l’alphabet ».
La dimension sociale et politique de l’Open data
L’Open data permettrait à des particuliers, des associations, des universités ou des entreprises privées d’exploiter les données publiques et de créer des visualisations ou des nouveaux usages, induisant plus de participation et de collaboration de la part du citoyen et favoriserait l’émergence de la société de la connaissance.
La libération des données publiques augmenterait l’intelligence collective et l’innovation sociale, son impact politique serait majeur, elle favoriserait la démocratie participative et permettrait de rééquilibrer le rapport de force entre gouvernants et gouvernés.
L’Open data permettrait un regard plus objectif, en croisant différents jeux de données, le citoyen pourrait mesurer l’efficacité de l’action du gouvernement.
Le site WhereDoesMyMoneyGo utilise les données ouvertes par le gouvernement britannique pour présenter des visualisations des dépenses publiques en Grande-Bretagne.
En libérant les données non-nominatives et non-sensibles (qui ne mettent pas en danger la sécurité nationale), l’administration se concentrerait sur ses missions traditionnelles, laissant aux citoyens la possibilité d’exprimer eux-mêmes leurs créativités en développant des applications répandant à leurs besoins spécifiques.
Le potentiel d’innovation économique de l’open data
L’Open data est un vecteur de croissance, il s’agit d’un important levier d’innovation, ce concept pourrait générer une multitude de nouveaux services susceptibles d’avoir un impact positif sur le développement économique.
En effet, ces données brutes sont une matière première très riche en pertinences, leur libération permettrait à des entreprises, nouvelles ou existantes de développer des applications utiles dont l’aspect innovateur générerait de la valeur et favoriserait la création d’emplois.
Les développeurs pourraient produire des logiciels novateurs facilitant la vie au citoyens telle que l’optimisation des transports publiques, des applications mobiles liées au stationnement utilisant la réalité augmentée couplée à la géolocalisation, etc.
Plusieurs entreprises pourraient profiter de ce gisement pour développer de nouvelles stratégies commerciales et mieux cibler leurs clientèles en se basant sur des données riches en pertinence (géographiques, météorologiques, urbanistiques, statistiques, environnementales, etc.) et aussi efficaces pour leur crédibilité puisqu’elles font référence à l’état.
Le data journalisme
L’Open data aurait des conséquences vertueuses sur le journalisme, à partir de ces données ouvertes les journalistes pourraient mener un travail d’investigation et développer le “data journalisme”.
Le journalisme de donnée permettrait d’assimiler, de conceptualiser et de visualiser l’information complexe par regroupement ou croisement des données (Mashup).
Le journaliste de donnée s’adresse à l’intelligence visuelle, il raconte une histoire de manière plus ludique via des infographies interactives, des timelines, etc.
Récapitulation
Utilisée à bonne escient, cette masse considérable de données publiques pourrait améliorer notre quotidien, équilibrer le rapport dirigeant – dirigé , créer de nouvelles opportunités pour l’économie et faire émerger l’intelligence collective.
Donc les avantages de l’Open data n’en manquent pas et le concept paraît prometteur.
L’Open data et la Tunisie
Initier un mouvement d’Open data en Tunisie est faisable compte tenu du niveau d’informatisation du pays et de l’engouement de la jeunesse tunisienne pour l’Internet et la communication.
Toutefois nous ne devrions pas se lancer dans une telle démarche par imitation, ouvrons le débat et analysons les retours d’expérience significatifs chez les autres pays.
Après une étude bien approfondie, si les avantages de l’Open data se confirmeraient, nous pourrions adhérer à ce mouvement tout en tenant compte de nos spécificités, un atelier de réflexion s’avèrerait nécessaire pour élaborer à temps le modèle qui nous correspondrait le mieux, permettant par la suite à l’état de décider quel type de données à ouvrir, sous quelle licence et de définir le cadre juridique et le modèle économique le plus approprié.
Si consensus, la Tunisie pourrait expérimenter l’Open data à l’échelle d’une ville, ou aller plus loin à l’instar d’autres pays développés, initier une démarche plus globale en créant au niveau national un portail unique dédié à la réutilisation des données publiques (exemple data.gov.tn ou data-tunisia.gov.tn).
L’Open data est un sujet très vaste dans les contours sont encore flous, ce qui est clair, c’est que la transparence de l’action publique renforce l’encrage de notre nouvelle démocratie.
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Dans ce qui suit, quelques informations en vrac, en liens avec l’Open data.
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Dans un récent rapport, la commission européenne chiffrait à 27 milliards d’euros les retombées économiques potentielles d’un développement significatif de l’Open data.
A TED2009, Tim Berners-Lee l’inventeur du Web et grand défenseur de l’open data, a lancé un appel pour “des données brutes, maintenant” – afin que les gouvernements, les scientifiques et les institutions rendent leur données publiques sur internet. A l’université TED en 2010, il montre quelques-uns des résultats intéressants que l’on obtient en reliant les données.
L’Open data dans le monde, quelques exemples:
Des pays:
Des villes:
Exemples d’applications:
DirectGov, développée en Grande-Bretagne, cet application recense toutes les dépenses supérieures à 500 livres des 326 collectivités territoriales.
Transport à Rennes est une application Android permettant un accès rapide et intuitif aux données sur les transports en commun de Rennes.
carte mise à jour en temps réel de la position de tous les trains sur le réseau – célèbre pour sa ponctualité – de British Railways
OpenStreetMap
Sous quel type de licence rendre public les données:
Licences offrant le maximum de libertés aux ré-utilisateurs. CC-by, CC-zero, PDDC.
Licences imposant un devoir contributif aux ré-utilisateurs: CC-by-sa, ODBL.
La carte collaborative des initiatives opendata des gouvernements:
World Map of Open Government Data Initiatives auf einer größeren Karte anzeigen
Sur Twitter, le hashtag est #OpenData
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Quelques définitions depuis Wikipédia
API : Une interface de programmation (Application Programming Interface ou API) est une interface fournie par un programme informatique. Elle permet l’interaction des programmes les uns avec les autres, de manière analogue à une interface homme-machine, qui rend possible l’interaction entre un homme et une machine.
Du point de vue technique une API est un ensemble de fonctions, procédures ou classes mises à disposition par une bibliothèque logicielle, un système d’exploitation ou un service. La connaissance des API est indispensable à l’interopérabilité entre les composants logiciels.
L’API proposée par Google pour son service de cartographie Google Maps fait partie des plus populaires.
Mashup: Une application composite (ou mashup ou encore mash-up) est une application qui combine du contenu ou du service provenant de plusieurs applications plus ou moins hétérogènes.
On parle de mashup dans le cadre d’une superposition de deux images provenant de sources différentes, superposition de données visuelles et sonores différentes par exemple dans le but de créer une expérience nouvelle.Dans le cas de site Web, le principe d’un mashup est donc d’agréger du contenu provenant d’autres sites, afin de créer un site nouveau.
Pour ce faire, on utilise le plus souvent l’objet XMLHttpRequest, RSS, AJAX du côté client, et les API des sites dont on mixe le contenu.
De plus en plus d’éditeurs de contenu proposent gratuitement des API, afin d’encourager la communauté des développeurs à créer des mashup utilisant leur contenu.
Crowdsourcing : Le crowdsourcing est un des domaines émergents du management de la connaissance : c’est le fait d’utiliser la créativité, l’intelligence et le savoir-faire d’un grand nombre de personnes (des internautes en général), en sous-traitance, pour réaliser certaines tâches traditionnellement effectuées par un employé ou un entrepreneur. Ceci se fait par un appel ciblé (quand un niveau minimal d’expertise est nécessaire) ou par un appel ouvert à d’autres acteurs. Le travail est éventuellement rémunéré. Il peut s’agir de simplement externaliser (“outsourcing”) des tâches ne relevant pas du métier fondamental de l’entreprise, ou de démarches plus innovantes.
Métadonnée : Une métadonnée est une donnée servant à définir ou décrire une autre donnée quel que soit son support (papier ou électronique).
Les métadonnées sont à la base des techniques du Web sémantique. Elles sont définies dans le cadre du modèle Resource Description Framework (RDF).
Les métadonnées correspondent à des marqueurs que l’on introduit dans les fichiers ou dans des langages de programmation appropriés, les langages de marquage XML.
Les marqueurs ont pour effet d’améliorer l’efficacité des recherches d’information par rapport aux recherches plein texte.
RDF (Resource Description Framework) crée les conditions d’interopérabilité, avec des réseaux de métadonnées, et l’utilisation du langage XML.
Un microformat (parfois abrégé sous µF ou uF) est une approche de formatage de données basé sur le web qui cherche à réutiliser le contenu existant comme les métadonnées, en n’utilisant que des classes et attributs XHTML et HTML. Cette approche est conçue pour permettre à l’information destinée aux utilisateurs finaux (comme le carnet d’adresses, les coordonnées géographiques, les événements et autres données en rapport) d’être traitée automatiquement par le logiciel.
Resource Description Framework (RDF) est un modèle de graphe destiné à décrire de façon formelle les ressources Web et leurs métadonnées, de façon à permettre le traitement automatique de telles descriptions. Développé par le W3C, RDF est le langage de base du Web sémantique. L’une des syntaxes (ou sérialisations) de ce langage est RDF/XML.
Web sémantique : Le Web sémantique désigne un ensemble de technologies visant à rendre le contenu des ressources du web accessible et utilisable par les programmes et agents logiciels, en d’autre termes, rendre l’information disponible sur Internet accessible aux machines, en la structurant grâce à un système de métadonnées formelles, utilisant notamment la famille de langages développés par le W3C. Le web sémantique vise un web “sensé”, qui favorise l’émergence de nouvelles formes d’intelligence collective.
Le Web de données Linked Data : Linked Data décrit une méthode de publication des données structurées, afin qu’il puisse être reliées entre elles et facilement réutilisables. Il s’appuie sur des technologies Web standard, tels que HTTP et URI – mais plutôt que de les utiliser pour servir des pages web pour les lecteurs humains, il les étend à partager l’information d’une manière qui peut être lue automatiquement par des ordinateurs. Cela permet à des données provenant de différentes sources d’être connecté et interrogé.
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Article de Kamel Ben Rhouma
Source : http://neuronelibre.blogspot.com/2011/04/open-data-avantages-pour-la-tunisie.html